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Un tout premier billet sur le folklore québécois mettant en scène le diable et des bûcherons dans une légende appelée La Légende de la Chasse-Galerie. Une légende qui tient une place importante de nos jours puisqu’elle résonnera sûrement pour ceux qui utilisent souvent le métro et qui aiment la bière québécoise. Quoi ? Vous ne me suivez pas ?
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La légende C’est l’automne. A bord d’un canot, les bûcherons se rendent dans le nord pour aller bûcher. Après plusieurs longues semaines de dur labeur l’hiver se montre, ainsi que le lot de fêtes de fin d’année qui font de cette période une suite de retrouvailles familiales. Cependant, il n’est pas question pour nos fameux bûcherons de quitter leur chantier. Le sentiment de solitude est tellement fort qu’ils caressent l’idée de tout de même crisser leur camp d’icitte afin d’aller retrouver leurs femmes et leurs familles. Et ce, quoi qu’il leur en coûte… Seul hic, le fleuve par lequel ils étaient arrivés en canot est désormais gelé. Impossible donc de le traverser pour rejoindre la civilisation. Flairant l’aubaine, le diable leur fait alors une proposition : faire voler leur canot afin qu’ils puissent traverser le fleuve et par conséquent passer le réveillon avec leurs proches. Seules conditions (forcément, on parle du diable là !) : éviter de blasphémer durant la traversée (noter l’importance des sacres, sujet évoqué dans un billet précédent), ne point heurter le canot aux clochers d’une église et être de retour avant six heures le lendemain matin. Dans le cas contraire ceux-ci perdraient leurs âmes. Une première version, certainement la plus connue, a été écrite par Honoré Beaugrand en 1900. (Oui Messieurs Dames, Honoré Beaugrand est bien plus qu’une station de métro). Cette version est consultable ici. Une version « racontée par le bûcheron » est également consultable sur le site Éditions 3D.ca. Enfin une étude de la légende a été rédigée par Brigitt Purkhard, cette analyse est disponible ici. Les origines Cette légende tirerait ses origines dans un village du Poitou à l’époque du Moyen-Age. On raconte que Sieur Gallery, grand adepte de chasse, aurait déserté l’église en pleine messe pour aller traquer le cerf. Il aurait alors été condamné à chasser dans les nuages chaque nuit et ce à tout jamais. Lorsque les colons français se sont installés au Québec, ils ont apporté avec eux leurs propres croyances. Celle-ci a été quelque peu modifiée au contact des mythes amérindiens et s’est vue agrémentée d’un canoë volant. Pour aller plus loin… La légende a suivi son cours et si aujourd’hui elle fait partie du patrimoine culturel québécois, elle n’en est pas moins oubliée.
La Pitoune On évoquera d’abord le clin d’œil que La Ronde (parc d’attractions) fait à cette légende au travers de son manège La Pitoune. Une pitoune est, originalement, une buche de bois. Les bûcherons faisaient autrefois parvenir les buches qu’ils coupaient dans le nord jusqu’au village de Trois Rivières en les faisant descendre par la rivière Saint-Maurice, cette technique est appelée flottaison ou drave. D’ailleurs, n’appelons-nous pas ce genre d’attraction Rivière Canadienne nous autres ? Au passage, une pitoune est aujourd’hui une jolie femme, ce terme étant assez péjoratif.
A la santé des bûcherons
Pour rendre hommage aux bûcherons de cette légende, mais également à tous ceux qui ont contribué à faire du Québec ce qu’il est aujourd’hui, la brasserie Unibroue a crée la très célèbre bière la Maudite dont l’étiquette est très explicite (ils ont vendu leur âme pour leur blonde, vendriez-vous la vôtre pour une blonde mousseuse ?…pas mal hein ^^)
En musique Cette légende a inspirée de nombreux auteurs compositeurs. On citera par exemple Martin d’la Chasse Galerie interprété par La Bottine Souriante et composée par Michel Rivard: Vous connaissez l’histoire, nous bûchions au chantier Dans le ciel du pays, le canot fendit l’air C’est moé l’plus jeune des dix, dans ce canot maudit C’est là qu’l'histoire se fucke, car le grand Lucifer En nous voyant penauds, chuter jusqu’aux enfers Quand même je s’rai bon diable, et au lieu d’en enfer Voilà pourquoi bonnes gensses, depuis ce jour fatal Jeune fille au pas léger, flânant rue St-Denis C’est moé l’plus jeune des dix, dans ce canot maudit |





février 14th, 2010 at 16 h 45 min
super frangine je lis tous tes articles et c’est génial
bisous